La première est Aurélie Filippetti, suivront Valérie Pecresse et Clémentine Autain. Elles appartiennent toutes les trois à des partis différents (respectivement au PS, à l'UMP et au PC). Leur point commun : elles se sont battues pour arriver là, se démarquent par leur compétence et, ce qui ne gache rien, sont plutôt jolies...
« Bravo, bats-toi comme tu le fais, tu vas gagner. Je t’embrasse.» C’était il y a u
ne semaine… Les résultats du premier tour venaient de tomber et une centaine de voix, seulement, séparaient Aurélie Filippetti (PS) de son adversaire Alain Missoffe (UMP). Ségolène Royal, venue quelques jours plus tôt soutenir sa « petite protégée » en Lorraine, avait envoyé ce SMS encourageant. Une semaine plus tard, le texto de Ségo prend les allures d’un rêve prémonitoire pour cette jeune normalienne agrégée de lettres classiques, fille d’un mineur lorrain, ancien maire communiste d’Audun-le Tiche. Avec 51,08 % des suffrages, Aurélie Filippetti bat de 900 voix son rival de droite, Alain Missoffe, fringant quadragénaire, arrière-petit-fils de François de Wendel, fils de François Missoffe (ancien ministre du général de Gaulle), frère de Françoise de Panafieu et gendre du baron Seillière. Le duel de l’héritier des maîtres de forge contre la fille du mineur de fond a tourné à l’avantage de la challenger. Il faut dire que la candidate socialiste a su faire vibrer dès son retour en Lorraine cette symbolique. Parachutée trois semaines plus tôt dans la 8e circonscription de la Moselle (Rombas-Bouzonville), cette jeune femme, propulsée conseillère spéciale de Ségolène Royal durant la présidentielle, est passée sans transition d’une campagne à une autre.Son premier acte politique fut alors de démissionner, sitôt investie en Moselle, du conseil du 5e arrondissement de Paris, où elle vote toujours et où elle était élue. Depuis, Aurélie Filippetti n’a eu de cesse d’enfoncer le clou : « Alain Missoffe est l’héritier d’une dynastie qui abandonna la Lorraine à son triste sort après s’être enrichie sur son dos. Après le paternalisme industriel, on ne va pas subir le paternalisme politique ! » Les derniers jours de la campagne ont été particulièrement tendus, entre les deux candidats. « Blessé par les attaques personnelles de Mme Filippetti », Alain Missoffe a lâché vendredi cette pique : « Sans la sidérurgie, Mme Filippetti serait sans doute aujourd’hui candidate en Italie. »A 33 ans, Aurélie Filippetti permet à la gauche de conserver cette circonscription qui, à l’origine, ne lui était pas destinée - Jean-Marc Aubron, le député sortant, ne s’est finalement pas représenté. Taxée de « bobo » durant la campagne, « Aurélie » s’amusait de ce surnom : « Heureusement qu’il y a encore des bobos pour voter à gauche ! Je me suis faite toute seule, je n’ai pas honte de mes diplômes, au contraire, j’en suis fière ! »Aurélie Filippetti, qui avait mis entre parenthèses sa carrière d’écrivaine - Les derniers jours de la classe ouvrière, son premier roman, a connu un joli succès - va désormais goûter à plein temps aux délices de la politique. Au coeur de la Ségosphère, dont elle incarne mieux que quiconque la jeune garde.
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