vendredi 31 août 2007

Insécurité sociale?

- Article paru dans "Le Caïen Déchaîné" journal étudiant de l'Ensica -

Deux août. Tout le monde n’est pas sur la plage, le gouvernement avance ses réformes. A partir du 1er janvier 2008 sera mis en place une nouvelle franchise concernant la sécurité sociale. Qu’en est-il exactement ? Une franchise de 50 centimes d’euros est prévue sur l’achat de chaque boite de médicament, et sur chaque acte paramédical. Pour les transports en ambulance elle s’élèvera à 2 euros.
Ainsi, sauf exceptions pour notamment les moins de 16 ans, chacun devra s’acquitter de cette franchise pour quelque médicament ou raison que ce soit. Un plafond annuel est prévu : le texte prévoit à ‘heure actuelle qu’un assuré déboursera au maximum 50euros durant l’année. Le but, comme nous l’a expliqué le président de la république Nicolas Sarkozy, est de « mieux prendre en charge les problèmes de dépendance liés à la vieillesse » (alzeihmer par exemple).
Alors je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’utilité et la justesse de cette mesure.
Bien sur, la première chose que l’on se dit, c’est qu’après tout il ne s’agit tout au plus que de 50 malheureux euros au maximum, et que c’est pour une bonne cause. Mais justement. D’après les estimations du ministère de la santé, cette mesure devrait rapporter 841 millions d’euros par an. Quand on sait que le trou de la sécu est actuellement de 10 milliards d’euros, on se dit bien qu’il y a encore des efforts à faire : taxer les assurés est elle la meilleure solution ? Un autre chiffre intéressant : réduire l’impôt sur la fortune (ISF) de 60 a 50 % maximum a coûté… 810 millions d’euros à l’Etat. Etait-il nécessaire de faire ce cadeau aux 13000 ménages les plus riches de France ? Enfin, cela nous emmène trop loin. Revenons à nos affaires.
Un ami me disait récemment que cette mesure était juste, car chacun payait la même somme pour, au fond, le même service. Seulement, il ne faut pas mélanger, à mon sens, justice, égalité et équité. Je m’explique. Cette mesure est égalitaire. En effet, grands, petits, noirs, blancs, enrhumés, grands malades, tous doivent payer la même franchise. Seulement elle n’est pas équitable car rentiers, sans emplois, sdf, cadres supérieurs, arrêtés de travail, doivent s’acquitter de la même somme, alors que leurs moyens diffèrent. La justice est un mélange d’égalitarisme et d’équité, mon avis est fait, ici cette mesure est injuste, libre à vous de penser autrement.
Un autre de mes amis, tout aussi inspiré, voulut m’expliquer que cette franchise servirait aussi à responsabiliser les patients (la formule revient souvent dans les médias). Sans doute dans le pays de Molière sommes nous nombre de malades imaginaires qui aiment aller se faire soigner à tout va, juste pour dépenser l’argent du contribuable ? Heureusement l’Etat est là pour nous remettre dans le droit chemin et nous dire, en s’attaquant a notre porte monnaie , « sois responsable ! ». Euh, rappelons en passant que 90% des dépenses de santé concernent les affections longue durée (le cancer ça vous dit quelque chose ? ). Mais le détail amusant c’est qu’un vrai malade devra payer tout autant qu’un faux. Pire, imaginez que l’effet de dissuasion ait bien lieu ; au final il n’y aura que les vrais malades, c’est a dire les malades responsables, qui paieront pour tous les autres ! Comme le résumait le directeur d’un syndicat : « Que les usagers ou les professionnels soient vertueux ou non, de toute façon, il payent quand même la franchise ».
Suite…
Enfin, on peut surtout regretter que l’on s’éloigne encore un peu plus de l’esprit de la sécurité sociale : la solidarité. Aux Etats Unis par exemple (ah l’Eldorado !) l’accès au soin est payant, et il n’est pas rare de voir certaines familles se ruiner pour une opération (la vie n’a pas de prix ?si si !). Mais en France non, grâce à cette sécurité sociale, dont j’en conviens il faut revoir le financement, mais pas de cette manière.
En effet le côté le plus dérangeant de cette histoire qui m’a fait bondir sur ma plume, c’est cette remise en cause du principe fondamental de notre sécu. Car cette franchise sur les médicaments et actes paramédicaux, à qui s’applique t elle ? Aux malades ! Les biens-portants, eux, ne consomment pas de médicaments, et ne paieront rien.
Ainsi, demain, ce seront les malades seulement qui cotiseront un peu plus pour les malades, loin de l’idée solidaire de « tous unis contre la maladie !»

2 commentaires:

Anonyme a dit…

jsuis ok pour la critique et c bien beau de "convenir qu'il faut revoir le financement" mais après la critique devraient venir les idées, sinon c trop simple ;)

Anonyme a dit…

Aline, comprend bien une chose, les gens dans l'opposition ne donnent jamais d'idées, c'est là leur propre role, ils critiquent, ca ils savent bien le faire, enfin d'après certains, parce que je trouve cette critique ridicule moi :)
"Ca rapporte que si peu d'millions d'euro dans un déficit si énorme" donc oui comme ca rapporte en fait pas des masses, on s'en bat les couilles et que ces abrutis continuent a aller voir le médecin 50 fois dans l'année, acheter plein de médoc' etc
Et j'aimerai bien avoir la source sur l'histoire des 90% qui ont des longues maladies, parce que c'est intrigant, trouve moi ca et donne la moi cette source, sure j'entend !
Enfin bon, comme d'habitude, ca me fait toujours autant grand mal de te voir raconter d'la merde